24 nov. 2025
    2 mars 2027

    Dernier ticket: le Cap-Vert et la Libye jouent leur survie dans le Groupe A

    Aperçu

    Qui décrochera le dernier ticket qualificatif du Groupe A?

    COURTSIDE 1891
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    DOUALA (Cameroun) - Avec le Soudan du Sud et le Cameroun déjà qualifiés pour le deuxième tour des Éliminatoires Zone Afrique de la Coupe du Monde FIBA 2027, le Groupe A se résume désormais à une dernière bataille à très fort enjeu. Il ne reste qu’un billet, et une seule nation pourra s’en emparer.

    Le Cap-Vert et la Libye se trouvent aujourd’hui dans deux situations émotionnelles totalement opposées.

    Pour le Cap-Vert, la qualification est entre ses mains. Les Blue Sharks ont de l’élan, de l’expérience et leur destin bien en main. La Libye, elle, se retrouve dos au mur après quatre défaites consécutives. Sa marge d’erreur a disparu, mais son rêve de Coupe du Monde reste encore mathématiquement vivant.

    Alors que le week-end décisif se déroule à Douala, chaque rebond, chaque contre défensif et chaque tir à trois points pourrait déterminer quelle équipe continuera de rêver de Qatar 2027, et laquelle rentrera chez elle avec des regrets.

    Le Cap-Vert aborde le week-end avec une main sur le billet

    Si la dynamique compte dans le basket international, le Cap-Vert a toutes les raisons d’être confiant.

    Les Blue Sharks arrivent dans cette dernière fenêtre avec déjà deux victoires au compteur, dont peut-être le résultat le plus important de leur campagne : un succès 85-74 face à leur rival direct, la Libye, lors de la première phase des qualifications. Ils avaient aussi surpris le Cameroun, pays hôte, 82-77 en novembre 2025, prouvant qu’ils avaient les qualités nécessaires pour battre certaines des plus solides nations africaines.

    Cette première victoire contre la Libye pourrait finalement valoir très cher. Mais l’avantage du Cap-Vert ne se limite pas seulement au classement.

    Statistiquement, le Cap-Vert s’est imposé comme l’une des équipes offensives les plus dangereuses du continent.

    Avec une moyenne de 79,5 points par match, il figure parmi les meilleures attaques des Éliminatoires Zone Afrique, en combinant jeu rapide en transition et exécution patiente sur demi-terrain. Mais sa plus grande arme se situe derrière la ligne à trois points.

    Avec une adresse impressionnante de 33,1 % à longue distance, soit le deuxième meilleur pourcentage de la compétition derrière la Tunisie, les Blue Sharks ont régulièrement puni les adversaires qui se repliaient trop dans la raquette. Leur capacité à étirer les défenses en a fait l’une des équipes les plus difficiles à contenir depuis le début des qualifications.

    L’expérience, un des plus grands atouts du Cap-Vert

    Après avoir participé à la Coupe du Monde FIBA 2023 et signé plusieurs beaux parcours à l’AfroBasket, ce groupe est habitué aux matchs sous pression. Il sait ce qu’exige une rencontre où une qualification est en jeu.

    Et dans des matchs de cette importance, l’expérience pèse souvent autant que le talent.

    Les frères Almeida continuent de défier le temps

    Chaque grande équipe a besoin de leaders. Le Cap-Vert en possède deux.

    Peu de duos de frères dans le basket africain ont connu une telle longévité et un tel impact qu’Ivan et Joel Almeida, dont le leadership continue de définir l’identité des Blue Sharks.

    À 37 ans, Ivan Almeida reste le cœur de l’attaque cap-verdienne.

    Il mène son équipe au scoring avec 16,3 points par match, mais son influence va bien au-delà des points inscrits.

    L’ailier polyvalent de 1,98 m domine aussi son équipe aux rebonds (8,0), aux passes décisives (4,8), aux interceptions (2,5) et aux contres (1,5), confirmant son statut de l’un des joueurs les plus complets de ces Éliminatoires.

    Passé par la France, l’Italie, le Portugal, Israël, la Libye et le Cap-Vert au cours de sa carrière, Ivan apporte ce calme que seules de longues années de basket professionnel peuvent offrir.

    Qu’il initie le jeu rapide, crée des opportunités pour ses coéquipiers ou verrouille son adversaire en défense, il influence presque chaque possession.

    Et puis il y a son grand frère Joel.

    À l’approche de ses 41 ans, Joel continue d’apporter une contribution précieuse en sortie de banc, avec 14,3 points de moyenne, tout en offrant le leadership, la dureté et le calme vers lesquels les plus jeunes se tournent naturellement.

    Ensemble, les frères Almeida incarnent tout ce que le basket cap-verdien est devenu au cours de la dernière décennie : discipliné, résilient et sans complexe face aux grandes nations.

    Pour un pays d’un peu plus d’un demi-million d’habitants, le Cap-Vert a construit l’un des programmes les plus respectés du basket africain en dépassant régulièrement les attentes.

    Aujourd’hui, une nouvelle campagne vers la Coupe du Monde FIBA est à portée de main.

    Une victoire contre le Soudan du Sud samedi pourrait pratiquement mettre fin aux espoirs libyens avant même la dernière journée.

    Le rêve libyen n’est pas mort, mais la montagne est haute

    Dans chaque campagne de qualification, il y a une équipe qui se bat dos au mur.

    Cette année, cette équipe est la Libye.

    Les Nord-Africains n’ont toujours pas gagné après quatre matchs. Pourtant, ils disposent encore, aussi surprenant que cela puisse paraître, d’un chemin vers le deuxième tour.

    L’équation est simple, mais très difficile : gagner les deux derniers matchs, puis espérer que les autres résultats leur soient favorables.

    Le scénario est impitoyable. Mais dans le basket international, des retournements inattendus se produisent parfois.

    Malgré leur bilan vierge de victoire, les Libyens ont montré par moments qu’ils pouvaient rivaliser. Certains matchs sont restés à leur portée avant que des erreurs coûteuses et une exécution offensive insuffisante ne permettent à leurs adversaires de creuser l’écart.

    L’attaque a clairement été leur principal problème.

    La Libye tourne à seulement 64,3 points par match, ce qui la place parmi les équipes les moins productives de la compétition. Les chiffres montrent une formation qui peine à trouver son rythme offensif.

    Même si la Libye tente environ 25 tirs à trois points par match, elle n’en convertit qu’environ cinq, soit un faible taux de réussite de 25 %. Cela reflète à la fois une adresse irrégulière et des choix de tirs parfois discutables.

    Trop souvent, les possessions se terminent par des tirs extérieurs précipités au lieu d’une circulation de balle plus patiente, capable de créer de meilleures positions.

    Face au Soudan du Sud, ces difficultés offensives ont été particulièrement visibles, la Libye ayant souvent échoué à créer des séquences de scoring durables.

    Le coach Marei sait que les progrès doivent être immédiats. Une meilleure prise de décision, moins de pertes de balle et davantage de discipline offensive seront indispensables si la Libye veut créer les surprises nécessaires.

    La défense doit devenir l’identité de la Libye

    L’attaque n’est pas le seul motif d’inquiétude.

    Défensivement, la Libye a connu plusieurs passages à vide qui ont permis à ses adversaires de prendre l’ascendant, notamment après la mi-temps.

    Le rebond est aussi devenu une faiblesse majeure. Avec seulement 37,5 rebonds par match, la Libye figure parmi les équipes les moins performantes dans ce domaine dans ces Éliminatoires, concédant régulièrement des secondes chances qui lui ont coûté cher. La protection du cercle manque aussi de régularité, avec seulement 2,5 contres de moyenne par match.

    Mais certains signes restent encourageants.

    La Libye demeure l’une des équipes les plus athlétiques de la compétition et tourne à 11,5 interceptions par match, juste derrière le Cap-Vert et ses 11,7. Ces chiffres montrent qu’elle possède une défense capable de provoquer des pertes de balle et de générer du jeu rapide lorsque son niveau d’énergie reste élevé.

    Si la Libye veut garder ses espoirs de Coupe du Monde vivants, cette intensité défensive devra devenir sa base.

    Rien n’est plus dangereux qu’une équipe qui n’a plus rien à perdre

    Les statistiques sont en faveur du Cap-Vert. L’histoire est en faveur du Cap-Vert. La dynamique est clairement en faveur du Cap-Vert. Mais entre les deux équipes, c’est aussi le Cap-Vert qui porte la plus grande pression. Et parfois, la pression est le point de départ d’un effondrement.

    La Libye aborde cette dernière fenêtre avec des attentes au plus bas. Dans certains cas, cette liberté devient la plus grande arme d’une équipe.

    Sans le poids d’une place qualificative à protéger, la Libye peut se permettre de jouer avec agressivité, de prendre des risques défensifs et d’oser des choix tactiques que des équipes mieux placées hésitent parfois à tenter.

    Elle possède aussi des leaders expérimentés capables d’inspirer un dernier sursaut.

    L’arrière vétéran Mohamed Sadi apporte calme et leadership, tandis que l’ailier Mohamed Ramadan Buzgaiya offre la dimension physique et la mentalité offensive dont la Libye aura absolument besoin.

    Pour les Nord-Africains, le duel de samedi contre le Cameroun et le choc de dimanche face au Cap-Vert ne sont plus de simples matchs de basket. Ce sont des matchs à élimination directe, où la seule option est de gagner pour continuer à espérer.

    Une défaite, et la route vers la Coupe du Monde FIBA 2027 prendra fin.

    Sur le papier, le Cap-Vert reste le grand favori pour décrocher le dernier billet qualificatif du Groupe A.

    Son meilleur bilan, son adresse extérieure de haut niveau, son effectif expérimenté et sa victoire importante dans le face-à-face avec la Libye lui offrent plusieurs chemins vers le deuxième tour.

    La Libye, elle, n’a plus droit à rien d’autre que la perfection.

    Elle doit gagner ses deux derniers matchs tout en dépendant de résultats favorables ailleurs. Une combinaison qui rend sa mission parmi les plus difficiles de ces Éliminatoires Zone Afrique.

    Mais le basket de qualification se nourrit toujours d’imprévisibilité. Une soirée d’adresse, une défense exceptionnelle et des performances individuelles majeures peuvent suffire à réécrire toute une campagne.

    Le Cap-Vert est tout proche d’une nouvelle aventure vers la Coupe du Monde, tandis que la Libye poursuit l’une des plus grandes opérations de sauvetage vues ces dernières années dans les qualifications africaines.

    À la fin du week-end, une seule de ces deux histoires sera encore en vie.

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