DOUALA (Cameroun) - Le Soudan du Sud a franchi une nouvelle étape importante vers la Coupe du Monde FIBA 2027 en dominant largement la Libye 95-57 lors de son premier match de la troisième fenêtre des Éliminatoires Zone Afrique, validant ainsi sa place au deuxième tour.
Sa performance a une nouvelle fois montré pourquoi il reste l’équipe nationale la mieux classée d’Afrique.
Pour la Libye, cela a été un rappel brutal de la solidité de l’une des équipes les plus complètes du basketball international.
Pour les autres, il s’agissait d’une nouvelle démonstration de ce qui est devenu la marque des Bright Stars : une défense agressive, un rythme incessant et une attaque capable de submerger ses adversaires sous tous les angles. Depuis près de deux ans, le Soudan du Sud s’est construit une identité très claire. Il défend avec discipline, domine le rebond avec autorité et attaque avec vitesse et intention.
Son succès ne repose pas sur une seule superstar. Il repose sur un système qui continue de produire des résultats, quels que soient les joueurs disponibles.
Défense : la base
Le vieil adage selon lequel "la défense gagne les championnats" semble être devenu l’identité même du Soudan du Sud. Tout commence dans la moitié défensive du terrain, où les Bright Stars utilisent leur taille, leur athlétisme et leur communication pour étouffer leurs adversaires. Leur capacité à dominer le rebond est devenue l’un des éléments clés de leur progression. Lors de 12 de leurs 15 derniers matchs des Éliminatoires de la Coupe du Monde FIBA, le Soudan du Sud a pris plus de rebonds que son adversaire. Plus impressionnant encore, il vient d’enchaîner quatre matchs de qualification avec au moins neuf rebonds d’avance, privant régulièrement ses adversaires de secondes chances tout en se créant des possessions supplémentaires.
Cette domination commence avec le pivot Kur Kuath, 27 ans.
Du haut de ses 2,08 m et actuellement joueur professionnel au CB Gran Canaria, en Espagne, Kuath s’est imposé comme l’un des meilleurs défenseurs intérieurs d’Afrique. Il figure parmi les meilleurs rebondeurs des Éliminatoires, avec une moyenne de 9,3 rebonds par match, dont 6,3 en défense, tout en ajoutant trois contres par rencontre, soit la deuxième meilleure moyenne de la compétition. À ses côtés, Deng Adel apporte une autre dimension grâce à sa polyvalence. L’ailier de 2,01 m combine grande taille, athlétisme et mobilité pour tourner à 6,5 rebonds de moyenne, tout en offrant la possibilité de défendre sur plusieurs profils.
La profondeur du secteur intérieur sud-soudanais ne s’arrête pas là
Mangok Mathiang offre à l’entraîneur Royal Ivey une autre option défensive de très haut niveau.
Tout juste auréolé du titre remporté avec les RSSB Tigers du Rwanda lors de la Basketball Africa League 2026, où il a été élu Meilleur Défenseur de l’année, Mathiang apporte son expérience, son impact physique et sa capacité à défendre sur plusieurs postes tout en protégeant le cercle.
L’impact collectif de ces éléments permet au Soudan du Sud de changer défensivement sans sacrifier la protection du panier, ce qui en fait l’une des équipes les plus difficiles à attaquer en Afrique.
Cette profondeur s’est vue contre la Libye. Six joueurs sud-soudanais ont capté au moins cinq rebonds défensifs, preuve d’un système dans lequel la responsabilité défensive est partagée par tout l’effectif, et non portée par un ou deux joueurs seulement.
"Je pense que nous faisons partie des équipes d’élite défensivement parce que nous sommes connectés, nous communiquons et nous jouons ensemble", a confié l’entraîneur Royal Ivey à FIBA.basketball.
"Le basketball, ce n’est pas seulement des systèmes. Nous jouons avec de l’énergie et de l’effort, et ces gars vont sur le terrain pour jouer jusqu’au buzzer final. Défensivement, nous essayons de contrôler le rythme, d’accélérer les équipes et de les pousser à prendre de mauvais tirs."
C’est cet engagement collectif, plus encore que les exploits individuels, qui a transformé le Soudan du Sud en l’une des unités défensives les plus solides du continent.
Attaque : rapide, équilibrée et altruiste
Si la défense constitue la base, l’attaque est le secteur dans lequel le Soudan du Sud devient véritablement dévastateur.
Les Bright Stars ne sont pas seulement une équipe qui marque beaucoup. Ils sont aussi une équipe efficace. Leur attaque naît de leur défense, avec des rebonds défensifs rapidement convertis en contre-attaques avant que les défenses adverses n’aient le temps de se replacer.
Les longs rebonds deviennent des occasions de transition, les stops défensifs se transforment en paniers faciles, et chaque possession est conçue pour maintenir le tempo et garder l’adversaire sous pression permanente.
L’aspect le plus impressionnant de l’attaque sud-soudanaise est peut-être son équilibre.
Contre la Libye, quatre joueurs ont terminé à dix points ou plus, tandis que deux autres ont manqué ce seuil d’un seul point. Même sans Both Tut, les Bright Stars n’ont jamais manqué d’options offensives, reflet de la profondeur que Royal Ivey a construite dans l’ensemble de son effectif.
Plutôt que de dépendre d’un scoreur dominant, le Soudan du Sud attaque par vagues. Le ballon circule, les joueurs acceptent des rôles bien définis et l’attaque génère régulièrement des tirs à haut pourcentage au lieu de forcer des tentatives difficiles. Malgré les changements réguliers dans l’effectif entre les fenêtres de qualification, le Soudan du Sud continue d’afficher une remarquable continuité.
Face à la Libye, seuls quatre joueurs avaient participé à la première fenêtre des qualifications, mais le rythme offensif est resté presque inchangé. Cela en dit long sur le système, mais aussi sur la volonté des joueurs d’y adhérer pleinement.
Si les Bright Stars excellent dans l’attaque du cercle, ils sont aussi capables d’étirer les défenses à longue distance. Avec une moyenne de 8,5 tirs à trois points réussis par match, ils punissent les équipes qui se referment dans la raquette, ce qui les rend difficiles à contenir, quel que soit le plan défensif utilisé.
À leur meilleur niveau, le Soudan du Sud impose à la fois le rythme et l’intensité physique du match. Chaque stop défensif alimente une nouvelle occasion de transition, plaçant les adversaires dans un cycle incessant où ils doivent défendre avant même d’avoir pu installer leur propre rythme.
Une équipe construite pour durer
L’ascension remarquable du Soudan du Sud ne s’explique pas uniquement par des talents individuels. Elle repose sur une identité clairement définie.
Les Bright Stars défendent collectivement, dominent le rebond sans relâche et partagent le ballon pour faire vivre un système fluide, capable de produire des performances victorieuses quels que soient les joueurs disponibles.
Tant qu’ils continueront à dominer la bataille du rebond et à bénéficier d’une marque bien répartie dans l’effectif, ils resteront l’une des équipes les plus redoutables d’Afrique et l’un des plus sérieux candidats du continent à une place à la Coupe du Monde FIBA 2027 au Qatar.
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