Gutierrez veut aider le Mexique à retrouver son lustre d'antan
CHARLOTTE (2016 Rio Olympics) - Ayant terminé sa carrière universitaire américaine comme meilleur joueur et meilleur défenseur de l'année de la Pac-12...
CHARLOTTE (2016 Rio Olympics) - Ayant terminé sa carrière universitaire américaine comme meilleur joueur et meilleur défenseur de l'année de la Pac-12, le meneur du Mexique Jorge Gutierrez aurait pu penser qu'une aventure en NBA était imminente, et que la dernière inconnue résidait dans la position à laquelle il serait choisi à la Draft.
Mais l'ancien joueur vedette de l'Université de Californie affirme qu'il n'avait aucune attente, juste la certitude que le basketball serait sa vie.
"Je ne me préoccupe que des choses que je peux maîtriser," concède le joueur de 27 ans à FIBA.com. Gutierrez finit son cursus universitaire en 2012, mais ne fut finalement sélectionné par aucune équipe à la Draft cette année-là.
Cet état d'esprit, qui a permis le retour du basketball mexicain sur la scène internationale, et son éthique de travail, ont offert à Gutierrez une autre chance d'évoluer en NBA. Il a été signé par les Charlotte Hornets pour le reste de la saison 2015-16.
Avant Charlotte, Gutierrez et ses 190cm ont fait des piges chez les Milwaukee Bucks et les Brooklyn Nets, apparaissant 35 fois sur le parquet. La plupart de sa carrière professionnelle, il l'a passée dans la Ligue de Développement de la NBA (NBDL), où il a joué 135 matches pour Canton Charge. C'est là qu'il évoluait lorsque les Hornets l'ont appelé pour deux contrats de 10 jours, lui offrant ensuite un contrat jusqu'à la fin de la saison. Depuis son arrivée en Caroline du Nord, il a porté à cinq reprises le maillot des Hornets, relayant Kemba Walker et Jeremy Lin.
"Au cours des 20 premiers jours, j'ai fait ce que je savais faire, j'ai travaillé dur et j'ai démontré chaque jour que j'avais ma place," affirme Gutierrez.
Gutierrez est seulement le quatrième Mexicain de naissance à jouer en NBA et le seul actuellement dans la ligue. Son compatriote et coéquipier en équipe nationale Gustavo Ayon a passé trois ans en NBA, dans quatre franchises différentes, avant de rejoindre l'Europe après la Coupe du Monde 2014. Il porte depuis le maillot du Real Madrid et a été un de ses meilleurs joueurs ces deux dernières saisons.
Horacio Llamas Grey a joué à 28 reprises pour les Phoenix Suns pendant les saisons 1996-97 et 1998-99. Deux ans après lui, Eduardo Najera rejoigna la NBA, où il entra en jeu 619 fois durant une carrière de 12 ans au sein de six équipes différentes, la dernière se trouvant être par hasard les Charlotte Bobcats, désormais Hornets, où il évolua deux saisons avant de prendre sa retraite en 2011.
La situation de Gutierrez est semblable à celle du Mexique, une nation qui travaille dur pour retrouver une place qu'elle occupait jadis dans l'élite du basket. Jusqu'à la fin des années soixante, le Mexique était un candidat sérieux au niveau mondial. Il gagna la médaille de bronze aux JO de 1936, finit quatrième en 1948 et cinquième en 1968. Sa dernière participation à des JO remonte à 1976, à Montréal, où il prit la dixième place.
Plus récemment, le Mexique fut le vainqueur surprise du Championnat des Amériques en 2013 à Caracas, au Venezuela, ce qui lui assura sa participation à la Coupe du Monde 2014, la première depuis 40 ans. Gutierrez y contribua grandement.
En finissant quatrièmes du Championnat des Amériques 2015 qu'ils organisaient, les Mexicains ont obtenu le droit de prendre part à un Tournoi de Qualification Olympique (TQO). Ils joueront au TQO de Turin, en Italie, dans le Groupe A avec la Grèce et l'Iran. La Croatie, l'Italie et la Tunisie forment le Groupe B. Seuls les vainqueurs de chacun des trois TQO se qualifieront pour les JO de Rio de Janeiro.
Même si toute son attention est portée sur sa fin de saison avec Charlotte, en bonne position pour prendre part aux playoffs, Gutierrez garde un oeil sur le TQO. Aller aux JO serait un rêve qui devient réalité.
"Je suis toujours fier de jouer pour mon équipe nationale et ça serait génial de pouvoir le faire en Italie," avoue Gutierrez.
Ça va être dur, mais je sais ce dont nous sommes capables. Seules les meilleures équipes vont à Rio, alors si tu veux y aller, il faut battre les meilleures nations du monde. C'est un bon test pour nous. Je pense qu'on peut y arriver. On a démontré qu'on avait le niveau. - Gutierrez
Mais une fois de plus, il n'a pas d'attentes. Gutierrez sait que seul un travail rigoureux donnera une chance au Mexique, comme ça a été le cas pour lui avec les Hornets.
#Hornets Steve Clifford praises Jorge Gutierrez's toughness, basketball IQ @rick_bonnellhttps://t.co/sY78A793nR pic.twitter.com/r1mlDopxzl
— Charlotte Observer (@theobserver) March 11, 2016
"Il a de la marge de progression, mais j'aime son style de jeu," dit l'entraîneur des Hornets Steve Clifford à FIBA.com. "J'apprécie sa manière de travailler, j'aime son attitude. Mais plus que tout, je sais que si Kemba (Walker) ou Jeremy (Lin) sont malades demain soir, je pourrai compter sur lui."
Notre équipe d'entraîneurs, Rich [Cho, Directeur Général des Hornets], Michael [Jordan, propriétaire du club], nous avons tous confiance en lui. C'est un bon joueur. - Clifford
La défense est primordiale pour Clifford et Gutierrez a prouvé aux Hornets qu'il avait beaucoup de qualités dans cet aspect du jeu. L'entraîneur n'a que des compliments à faire à ce propos.
"Il peut défendre," dit Clifford. "Regardez-le. Il est long; il sait se positionner; il anticipe. C'est un tout bon compétiteur."

After playing two 10-day contracts with the Charlotte Hornets, Jorge Gutierrez was signed for the rest of the season. Photo courtesy of www.nba.com/hornets
De son côté, Gutierrez s'exprime avec la confiance acquise au fil du temps et des expériences. À 15 ans, il a choisi de quitter sa famille et de finir son lycée aux États-Unis. La maturité et le sens des responsabilités que la plupart des athlètes acquièrent à l'université sont venus plus tôt chez lui.
"J'imagine (que j'étais) un peu plus (mature) que les autres adolescents, mais j'ai été obligé de mûrir vite en arrivant, parce que je devais prendre soin de moi," se souvient-il. "Je devais faire tout ce que ma maman aurait normalement fait pour moi."
Gutierrez savait ce qu'il voulait. Il avait des objectifs qui n'étaient pas simples à atteindre. Mais il était déterminé.
Je voulais prouver que je pouvais jouer ailleurs qu'au Mexique, et l'endroit le plus compétitif était les États-Unis. - Gutierrez
"C'était le plan depuis toujours, de faire carrière dans le basket, de jouer en NBA. J'étais prêt à tout pour prouver que j'étais un bon joueur, et je me disais que les résultats viendraient d'eux-mêmes." dit-il.
Le désir de montrer qu'on est à sa place. Ceci est aussi valable pour 'El Tri', la sélection nationale du Mexique.
FIBA