FIBA Basketball

    Espagne : la défense avant tout

    Cela fait déjà longtemps que l’Espagne fait partie des meilleures équipes du monde et elle n’a encore perdu aucun de ses matchs à la Coupe du Monde FIBA 2019, de quoi entretenir le rêve d’ajouter un...

    WUHAN (China) - Cela fait déjà longtemps que l’Espagne fait partie des meilleures équipes du monde et elle n’a encore perdu aucun de ses matchs à la Coupe du Monde FIBA 2019, de quoi entretenir le rêve d’ajouter un second sacre mondial à celui de 2006. Mais la sélection espagnole de cette année gagne de manière différente. Le coach Sergio Scariolo doit faire appel à toute sa science du jeu pour enchaîner les succès. 

    La Pologne, adversaire de l’Espagne en quart de finale, est avertie : mardi à Shanghai, elle devra s’attendre à des surprises, par exemple l’introduction de Pierre Oriola dans le cinq de départ, comme contre la Serbie. 

    "Nous autres les coachs, nous savons quand le moment de sortir un tour de notre chapeau arrive - comme ce soir (contre la Serbie). Il ne faut pas tout dévoiler dès le premier match. Ça, vous ne pouvez le faire que si vous êtes la meilleure équipe de la compétition. Dans ce cas-là, cela n’a aucune importance," indique Scariolo.

    "Mais si tel n'est pas le cas... surtout physiquement, vous devez cacher quelque chose et savoir le sortir au moment opportun. Tout en gardant encore des surprises en réserve pour plus tard. C'est en résumé ce que nous avons fait depuis que nous avons gagné le FIBA EuroBasket 2009. La plupart du temps, nous avons eu du succès. Une fois sur six ou sept, ça ne marche pas. Mais il faut savoir prendre des risques."

    Sergio Scariolo a pris un risque en faisant démarrer Pierre Oriola contre la Serbie

    Cette sélection espagnole n'a clairement pas la puissance offensive des années passées - l'Espagne a remporté le FIBA EuroBasket en 2009, 2011 et 2015, en plus de décrocher la médaille d'argent aux JO de 2008 et de 2012 et celle de bronze en 2016. Cette fois, la formation dirigée par Scariolo étouffe ses adversaires avec sa défense, n'encaissant qu'une moyenne de 63.8 points par match. La Serbie, qui tournait à 103.3 points marqués avant la rencontre, a été limitée à 69 points.

    "Nous sommes bien loin du talent offensif que nous avions par le passé. Si nous voulons avoir une chance de rivaliser avec ce genre de grandes équipes, nous devons être excellents en défense, pas juste bons," souligne Scariolo. "C'est notre destin. C'est notre fil rouge. Si nous le suivons, nous pouvons lutter pour les premières places. Sur un match, vous pouvez battre tout le monde, mais à condition de défendre vraiment extrêmement bien.”

    Un des avantages qu'a Scariolo sur ses adversaires, c'est qu'il peut aligner des joueurs expérimentés, qui sont des gagnants depuis de nombreuses années - comme Rudy Fernandez, Marc Gasol, Sergio Llull et Ricky Rubio. 

    Rudy Fernandez sait gérer la pression à ce niveau

    "Les joueurs les plus expérimentés savent qu'ils ne peuvent pas évoluer à leur meilleur niveau pendant trois semaines - surtout s'ils ont 32, 34 ou 35 ans. C'est impossible. C'est peut-être possible à 20, 22 ou 24 ans," lance-t-il.

    "Donc ils savent comment gérer leurs efforts, maintenir un bon niveau - pas incroyable - au début, afin de pouvoir l'élever au bon moment, quand les matchs sont à élimination directe."

    Scariolo a également plusieurs joueurs qui participent à leur première Coupe du Monde. Et cela a été un défi pour les coachs de les préparer à une telle échéance, au plus haut niveau. 

    "Beaucoup de nos joueurs n'ont jamais pris part à une Coupe du Monde, alors au début, c'est difficile de s'ajuster et de comprendre ce que ce genre de tournoi implique en terme de pression et de compétitivité," note Scariolo. 

    Ces joueurs sont désormais à niveau et ils sont prêts à porter l'Espagne vers le poidum - aussi grâce à quelques coups de génie de leur coach.

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