ABIDJAN (Côte d’Ivoire) – Quatorze ans après sa dernière apparition, l’équipe de Madagascar revient sur la plus grande scène du basketball africain. Cette fois, pourtant, elle ne vient pas simplement faire acte de présence.
Hôte du FIBA AfroBasket en 2011, Madagascar n’avait pas laissé de trace indélébile. Aujourd’hui, avec une nouvelle génération de joueurs et un nouveau staff technique, les Ankoay veulent réécrire leur histoire.
Ils se retrouvent dans un Groupe B extrêmement relevé avec le Nigeria, le Cameroun et la Tunisie, tenante du titre. Chaque match s’annonce comme une bataille.
Cependant, Madagascar ne débarque pas sans préparation. L’équipe a traversé une campagne de qualification éprouvante, a construit une vraie cohésion au fil des années, et a révélé des joueurs capables de rivaliser avec les meilleurs du continent.
Historique à l’AfroBasket
Le parcours de Madagascar à l’AfroBasket est marqué par des apparitions épisodiques et des chapitres inachevés. Ils ont fait leurs débuts en 1972, terminant à la 9e place sur 12. Après 31 ans d’absence, ils sont revenus en 2003 mais ont terminé derniers en Égypte.
Leur troisième apparition a eu lieu en 2011 à Antananarivo, devant leur public. Portés par l’énergie de leurs supporters, ils ont bien commencé mais se sont effondrés face à des adversaires plus solides, perdant contre le Mozambique, le Mali, le Nigeria et le Sénégal.
Leur unique victoire en AfroBasket fut un éclatant 82-61 contre l’Afrique du Sud. Aujourd’hui, ils reviennent pour la quatrième fois avec la ferme intention de marquer les esprits.
La route vers Angola 2025
Le chemin de la qualification n’a pas été de tout repos pour Madagascar.
Ils ont terminé les éliminatoires avec un bilan de 2 victoires pour 4 défaites, un chiffre qui ne raconte pas toute l’histoire.
Lors de la première fenêtre qualificative, en février 2024 au Caire, ils ont perdu contre la Côte d’Ivoire et l’Égypte, mais ont relevé la tête avec une victoire âprement disputée 76-69 contre la République centrafricaine.
Lors de la fenêtre finale, en février 2025 à Mahamas, ils ont créé la surprise en battant l’Égypte 82-80 — un match marqué par la détermination, la discipline tactique et une grande intensité. Malgré deux nouvelles défaites face à la Côte d’Ivoire et à la République centrafricaine, leur combativité a envoyé un message fort à leurs futurs adversaires.
Staff technique
John Douaglin est aux commandes. Figure bien connue du basketball africain, il a déjà dirigé la RD Congo et la Côte d’Ivoire. Son expérience dans les grands tournois pourrait être déterminante pour gérer la pression dans un groupe aussi difficile.
Il est assisté par Ndranto Rakotonanahary (coach adjoint), Nicolas Berthault (préparateur physique) et Mathieu Rakotomalala (analyste vidéo). Une structure complète qui montre que la fédération malgache ne laisse rien au hasard.
Joueurs clés
Mathias M’Madi
M’Madi, véritable moteur de l’équipe, a été MVP du FIBA AfroBasket U18 2022. Il s’est également illustré à la Coupe du Monde U19. Lors des qualifications, il a tourné à 13,3 points, 5,7 rebonds, 4 passes décisives et 2,3 interceptions par match. Il a brillé notamment avec 17 points contre la Côte d’Ivoire et 18 contre l’Égypte. Son calme et son leadership sont essentiels pour les Ankoay.
Elly Randriamampionona
Solide à l’arrière, Randriamampionona a joué plus de 31 minutes par match lors des qualifications, apportant 13,8 points, 4,3 rebonds et 4,2 passes. Il a tiré à 33,3 % à trois points et a été fiable sur la ligne des lancers-francs (10 sur 12 réussis).
Sitraka Rajarimamantoanina
Ce pivot de 2,07 m impose sa présence dans la raquette. Il tourne à 12 points, 7,5 rebonds et 2 contres par match. Il s’est illustré face à l’Égypte avec 15 points, 13 rebonds et 6 contres. Sa capacité à protéger le panier et à dominer au rebond pourrait être cruciale face à des équipes plus physiques.
Classement mondial présenté par NIKE :
19e en Afrique, 105e au niveau mondial
Perspectives
Madagascar aborde cette quatrième participation à l’AfroBasket avec un optimisme prudent. Lors des éditions précédentes (1972, 2003 et 2011), ils n’ont jamais atteint le top 8. Leur seule victoire, en 2011, avait eu lieu à domicile, et ils avaient eu du mal à rivaliser avec les ténors du continent.
Mais aujourd’hui, les données sont différentes. Leur victoire contre l’Égypte prouve qu’ils peuvent se sublimer dans les grands rendez-vous. On a vu des signes de maturité tactique et une volonté de ne jamais abandonner.
Le Groupe B reste toutefois un véritable champ de mines : les qualités athlétiques du Nigeria, la puissance du Cameroun et la rigueur tactique de la Tunisie seront autant d’obstacles à franchir. Mais s’ils affichent la même combativité et la même foi qu’à Mahamas, les Ankoay pourraient créer la surprise et enfin s’inviter parmi l’élite du basketball africain.
FIBA