×

Suivre FIBA sur Facebook

24 août
05 septembre, 2021
03/05/2021
News
to read

Rwanda : Cheikh Sarr accepte la pression

KIGALI (Rwanda) - Le Sénégalais Cheikh Sarr a été confirmé la semaine passée au poste de coach du Rwanda, hôte du FIBA AfroBasket 2021. Disposera-t-il de suffisamment de temps pour reconstruire une équipe qui a conclu les Éliminatoires sur le maigre bilan de 1-5 ?

La 30e édition de la compétition continentale à 16 nations se déroulera du 24 août au 5 septembre à Kigali, capitale du Rwanda. Sarr est désormais le 3e coach à prendre la tête de la sélection rwandaise au cours des six derniers mois, après le départ de Vladimir Bosnjak en novembre. Le Sénégalais remplace Henry Mwinuka, qui avait assuré cette fonction ad interim.

"CETTE CONFIANCE INCONDITIONNELLE NE FAIT QUE REDOUBLER MA MOTIVATION PERSONNELLE. CELA M'INCITE À M'IMPLIQUER ENCORE PLUS POUR EUX. JE SUIS HONORÉ [D'AVOIR CETTE CHANCE DE COACHER LE RWANDA]. IL Y A DE LA PRESSION, MAIS JE LA RESSENS COMME QUELQUE CHOSE DE POSITIF."
- Cheikh Sarr

Et même si Sarr n'a été officiellement nommé coach du Rwanda il y a quelques jours seulement, il avait déjà collaboré étroitement avec Mwinuka lors de la seconde fenêtre des Éliminatoires, en février à Monastir (Tunisie). 

Le Rwanda avait bouclé le 1er tour en novembre - à domicile - sur un bilan de 0-3, suite à ses revers face au Nigeria, au Soudan du Sud et au Mali. Cependant, ce que l'équipe a montré à Monastir donne à Sarr des raisons d'espérer.

"L'expérience à Monastir a été positive et elle m'a aidé à mieux comprendre les compétences générales de la sélection," confie Sarr à FIBA.basketball.

"J'ai découvert une équipe énergique, combative et disciplinée, qui respectait les règles internes. Elle a progressé par rapport au premier tour à Kigali, pratiquant notamment un jeu plus collectif."


Alors, quelle est la prochaine étape ? Comment Sarr va-t-il réussir à faire la différence ?

"Ils doivent mieux finir les systèmes, faire preuve de constance et prendre davantage leurs responsabilités," répond Sarr.

Peu de monde ont venu venir la nomination de Sarr, mais cela faisait un moment que la fédération rwandaise (FERWABA) avait un oeil sur lui.

"Cette confiance inconditionnelle ne fait que redoubler ma motivation personnelle. Cela m'incite à m'impliquer encore plus pour eux. Je suis honoré [d'avoir cette chance de coacher le Rwanda]. Il y a de la pression, mais je la ressens comme quelque chose de positif," indique Sarr. 

En attendant que la sélection nationale débute sa préparation pour la compétition continentale de cet été, Sarr s'est attelé à "établir une planification objective et rationnelle, en commençant par des tests, suivi d'une participation à deux ou trois tournois pour renforcer l'esprit d'équipe et trouver un équilibre. Bien sûr, nous devrons travailler sur tous les aspects du jeu, en attaque comme en défense. Nous devons améliorer notre analyse des autres nations, en nous servant de toutes les ressources humaines et matérielles à notre disposition dans cette optique."

Ces dernières années, le Rwanda a investi dans le basket comme nul autre sur le continent, à tel point qu'il est en train de devenir l'une des plaques tournantes du basket africain.

La Kigali Arena accueillera la saison inaugurale de la Basketball Africa League (BAL) en mai 2021 

"Ce qui me plaît, c'est que ce projet s'inscrit dans une vision gobale, nationale, afin de donner aux Rwandais une occasion de se mettre au défi de mieux gérer, former les ressources humaines, ainsi que de mener à bien l'organisation d'événements," explique Sarr, qui ajoute : "C'est la position actuelle de la FERWABA. Il faut aussi souligner le leadership indéniable du président [Paul] Kagame, comme au Sénégal. Il fait la promotion du panafricanisme en se servant de la FIBA, de la NBA, de la BAL et de diverses institutions qui font la promotion de l'éducation et du développement durable partout en Afrique."

La nomination de Sarr a relancé le débat sur les Africains coachant d'autres équipes nationales dans les événements majeurs. L'histoire récente montre en effet que très peu de pays ont fait le pari de confier les commandes de leurs sélections nationales à des ressortissants d'autres pays africains dans le cadre du FIBA AfroBasket, le tournoi majeur du continent.

 Mais il y a eu quelques exceptions : le Camerounais Louis Tsoungui a coaché la République du Congo lors du FIBA AfroBasket 2013, le Nigérian Alex Nwora a guidé le Cap-Vert lors de deux éditions du FIBA AfroBasket (2009 et 2013) et l'Angolo-Portugais Mario Palma a conduit la Tunisie vers son second titre continental en 2017.

Au sujet de sa nomination, Sarr déclare : "C'est un signal très fort à l'intention de tous les coachs d'Afrique qui souhaitent exporter leurs compétences à travers le continent africain. Ce dernier doit avoir confiance en ses propres ressources. Le monde est plat et tout est partagé instantanément. Cela signifie que la fonction de coach est dynamique et que l'Afrique progresse, car il n'y a plus besoin d'aller loin à l'étranger pour trouver un coach compétent. Le Bureau régional de FIBA Afrique (One FIBA) a fait et continue de produire du bon travail pour encadrer les techniciens africains. Si la Basketball Africa League (BAL) devient un événement régulier, davantage de coachs africains auront une chance de travailler avec des joueurs professionnels et le niveau ne cessera de s'élever."


Louis Tsoungui

Au Rwanda, Sarr est investi d'une double mission : coacher les équipes nationales masculine et féminine.

La dernière apparition de la sélection féminine dans la compétition continentale date de 2011 à Bamako (Mali). Elle devrait participer aux Éliminatoires du FIBA Women's AfroBasket 2021. 

Afin de réussir un retour dans le tournoi à 12 nations, Sarr a "proposé un plan à la FERWABA et celle-ci l'a déjà validé". Il poursuit : "Il se base sur la préparation et l'encadrement au quotidien des talents locaux : entraînements, travail de la force et de la condition physique. Le processus de recrutement pour ajouter de la valeur à l'équipe est en cours et il s'achèvera à la fin du mois de juin," conclut-il.

FIBA