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17 - 26
September 2021
15/03/2021
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Le Cameroun a-t-il les moyens de remporter un premier titre continental ?

PUNTA GORDA (USA) - Au cours de la dernière décennie, l'aventure du Cameroun au FIBA Women's AfroBasket a été une histoire de lente progression, coupée nette par un rêve brisé - la faute au talent du Sénégal - et suivie d'un déclin si spectaculaire que les fans en sont restés perplexes.

Figure clé de ce parcours tumultueux, Ramses Lonlack revient sur le bref coup d'éclat du Cameroun sur la scène continentale.

Lorsqu'elle a fait sa première apparition dans le tournoi majeur du basket féminin africain, en 2011, les Lionnes - surnom donné aux joueuses de l'équipe nationale - alignaient la formation la plus jeune de la compétition, avec une moyenne de 22 ans.

La ténacité et la résilience des Camerounaises leur avaient permis de se frayer un chemin jusqu'en quarts de finale, où elles avaient subi la loi des hôtes du Mali.

Deux ans plus tard, le Cameroun était retourné au tournoi, bien décidé à rivaliser avec les meilleures nations du continent dans le sillage d'une Lonlack déterminée à guider sa sélection à Maputo (Mozambique).

"L'OBJECTIF RESTE LE MÊME : GAGNER LA MÉDAILLE D'OR AU FIBA WOMEN’S AFROBASKET."- Ramses Lonlack

Avec des moyennes de 8.9 points et 3.6 rebonds par match, la native de Belabo avait insufflé son inspiration aux Lionnes. Au terme d'une rencontre très disputée, elles avaient toutefois dû s'avouer vaincues en demi-finale contre le Mozambique (61-57), les Centrafricaines s'écroulant totalement en seconde mi-temps.

Puis il y avait eu le FIBA Women's AfroBasket 2015, à domicile.

L'équipe jeune et inexpérimentée de 2011 s'était, en quatre ans, métamorphosée en un groupe capable de battre les adversaires les plus coriaces et de décrocher d'excellents résultats.

Le Cameroun avait enchaîné sept victoires consécutives pour se hisser jusqu'en finale, disposant en chemin du Mali et du Mozambique, ainsi que du Nigeria et toutes ses stars. Mais à la fin, il avait craqué contre le Sénégal.

Lonlack avait été en feu durant toute la compétition, compilant des moyennes de 15.5 points et 3.5 rebonds. Le rêve de triomphe des Camerounaises avait été anéanti par une sélection sénégalaise beaucoup plus solide.


"Les performances du Cameroun dans les compétitions FIBA figurent toujours vers le sommet," dit Lonlack à FIBA.basketball au cours d'un entretien exclusif, ajoutant : "Les années ne se ressemblent pas forcément et les autres nations présentes dans le tournoi sont de plus en plus fortes.

"Mais l'objectif reste le même : gagner la médaille d'or au FIBA Women's AfroBasket."

Alors que le Cameroun se profilait comme l'un des poids lourds d'Afrique, il a connu un effondrement sans précédent qui a pris par surprise ses fans les plus fervents.

Un changement de génération et de coach ont vu l'équipe camerounaise perdre sept de ses neuf matchs du FIBA Women's AfroBasket 2017, conclu sur une peu enviable 8e place, malgré les 14.6 points et 5.2 rebonds de Lonlack.

C'est d'ailleurs à Bamako que la meneuse a porté pour la dernière fois le maillot de sa sélection nationale. Elle a en effet fait l'impasse sur l'édition 2019, assistant bien impuissante à l'échec de son pays, 10e du classement final avec un seul succès en trois parties.

"Le Cameroun est en pleine reconstruction et il faut parfois injecter du sang neuf, tant au niveau des joueurs que des coachs, gagner certains matchs et en perdre d'autres, pour pouvoir progresser," note Lonlack.

"Je ne crois pas que les récentes performances ont à voir avec les changements opérés au sein de l'équipe. Dans ce genre de phases transitoires, vous passez toujours au travers de périodes difficiles. Les progrès prennent du temps."

Aujourd'hui âgée de 32 ans, Lonlack - qu'on surnomme la "Reine d'Afrique" - est très excitée à l'idée de participer une nouvelle fois au FIBA Women's AfroBasket plus tard cette année [le Cameroun doit encore se qualifier].

Ramses Lonlack lors de sa dernière apparition en sélection nationale, au FIBA Women's AfroBasket 2017

La joueuse de 1.78m s'entraîne dur pour atteindre sa meilleure forme, elle qui espère briller dans ce qui serait son 5e FIBA AfroBasket.

"J'ai pris part à quatre FIBA AfroBaskets (2011, 2013, 2015 et 2017). Cela a été une formidable aventure et j'adorerais participer au tournoi continental de cette année," souligne-t-elle.

"À titre personnel, l'objectif est d'être là et de tout donner pour mon pays, comme à chaque fois."

"Par le passé, nous avons travaillé dur pour essayer de soulever ce trophée. J'ai le sentiment que nous partageons toutes cette même envie d'enfin remporter ce sacre après lequel nous courons toujours.

"Dans un coin de ma tête, il y a en permanence la qualification pour la Coupe du Monde Féminine FIBA. Ce serait quelque chose d'extraordinaire pour le basket camerounais." 


L'ancienne star des Memphis Tigers est consciente qu'elle devra supporter la pression générée par les millions de fans invétérés et exigeants du Cameroun.

"Je suis une leader dans l'âme," sourit Lonlack, "ce qui signifie que mon équipe peut compter sur moi.

"Partager mes connaissances, mon expérience avec les plus jeunes est ce que j'ai toujours fait, je suis heureuse de continuer à le faire autant que possible.

"L'équipe passant avant tout, je mettrai tout en œuvre pour la faire monter sur le podium."

La star du Cameroun admet percevoir le sport différemment maintenant qu'elle a pu accumuler plus d'une décennie d'expérience acquise sur plusieurs continents.

Depuis qu'elle est devenue maman d'une petite fille en 2018, l'internationale ne manque pas d'attirer l'attention sur sa vie de mère et d'athlète à la fois.

"Dieu m'a vraiment bénie en me permettant de faire venir au monde Diana. La maternité n'a pas tout le temps été évidente, mais à la fin, elle vous aide à apprendre la patience et à comprendre la vraie signification de la bienveillance et de l'amour.

"Je suis une lionne et une athlète de haut niveau. Mon bébé m'apporte une nouvelle motivation et j'aimerais qu'elle me voit encore jouer."

Lonlack est la première à admettre qu'elle adore les défis.

Quand elle ne joue pas au basket ni ne s'occupe de sa fille, elle n'hésite pas à enfiler des bottes pour avoir un impact sur la communauté de Punta Gorda, en Floride (USA), où elle travaille à temps plein comme ingénieure de chantier.

"C'est amusant d'être ingénieure," lance Lonlack. "J'aime vraiment ce métier, car il me permet de vivre mon rêve d'être ingénieure tout en rendant service à certaines parties de Floride du Sud.

"C'est un défi, mais je vois la compétition partout, alors cela me permet en quelque sorte d'aller de l'avant.

"Je suis une maman, une ingénieure et une athlète à plein temps," rigole Lonlack en évoquant sa situation.

"J'ai une grande foi en Dieu et je pense que c'est grâce à elle que j'arrive à faire autant de choses.

"Les gens, en particulier les jeunes filles et les femmes, doivent croire en la réalisation de leurs rêves. À force de travail, elles peuvent aspirer à tout.

"Dans tout ce que j'entreprends, je donne le maximum. Si j'y arrive, tout le monde peut y arriver," conclut-elle.

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